Féguifoot : panique dans le panier de crabes (Par Moïse Sidibé)

150

Les guerres de position mises en facteur qui ne vont pas tarder à s’étaler sur la place publique pourraient se présenter comme suit : (Paul Put contre Amadou Diaby) contre (Antonio Souaré + comité exécutif). Antonio Souaré veut une rupture de contrat avec Paul Put pour son manque de résultat, celui-ci argue et campe sur son bilan positif, puisque l’objectif premier de son contrat était la qualification pour le Caire. Seulement, il nous est loisible de rappeler qu’à son arrivée, pendant le deuxième tour des éliminatoires, le Syli était premier de sa poule et presque qualifié. Les incertitudes n’ont commencé que sous la houlette du nouvel entraîneur. Il y a eu des moments de sueur froide pour la première place de la poule.

Les matches de préparation pendant le regroupement douteux du Maroc ont été un fiasco complet 3 défaites sur 3 rencontres-test, ce qui devait présager le bilan du Caire : 2 défaites, une victoire, 1 nul, une qualification au rabais pour les 8ème de finale.

Il reste maintenant à savoir ce que stipule ce fameux contrat, qui n’est pas à son terme. En cas de rupture, il faudrait payer le restant non exécuté du contrat, sans compter les dommages et intérêts exigés par Paul Put, qui dit : « Antonio a terni mon nom. J’ai la honte du monde avec son discours », selon Conakrysports, qui dit détenir les preuves audio de cet entretien. De chaudes empoignades en perspective dans un grand combat de coqs, d’autant que le comité éthique vient d’annoncer que Paul Put a avoué qu’il reversait 10% de son salaire à un membre du bureau exécutif de la FEGUIFOOT, ça n’était pas un secret de Polichinelle bien gardé. Mais à qui versait Paul Put ces fameux 10%, au président, ou au vice-président, ou au trésorier ? On a entendu Ibrahima Traoré parler d’un prélèvement de fonds sur les kinésithérapeutes au profit d’un certain M. Tom, qui réside en Belgique.

C’est cette magouille que le comité éthique se doit d’élucider en premier, au lieu de placer la charrue devant les bœufs pour tordre si facilement le bras à Paul Put.

Et si on dit que Ibrahima Traoré était à tous les instants dans la chambre de AKB avec Antonio Souaré, il est évident que ce Syli National est divisé en deux ou plusieurs clans. On pourrait entrevoir le camp de Amadou Diawara, face à celui de Ibrahima Traoré et les grosses légumes qui tirent les ficelles sont dans l’ombre. Naby Kéita est dans quel camp, ou a-t-il son camp, à lui, aussi ?

Toujours dans la conversation téléphonique entre Amadou Diaby et Paul Put, que nous relate Conakrysports, l’entraineur parlait du climat malsain au sein du Syli, des interférences du président de la FEGUIFOOT dans le classement et qui prend le Syli comme une propriété privée, lui intimant de « remplacer José Kanté qui ne fout rien sur le terrain ». Dans cet enregistrement, Paul Put demandait à Amadou Diaby s’il trouve normal que Ibrahima Traoré, qui appelle Antonio Souaré par « tonton », vienne avec ce dernier en compagnie de 3 ou 4 joueurs avant le match pour parler du classement, il dit que Antonio grondait les joueurs dans les vestiaires, pendant la rencontre avec l’Algérie…

Et comme il fallait s’y attendre, Paul Put tire à bout portant sur le pompier Amadou Diaby, qui se proposait de faire rapprocher les lignes entre Put et Antonio, et qui était au courant de tous ces mic-macs…

Comme on vient de le voir, et on n’a pas tout vu, chacun peut se faire une idée sur le degré de responsabilité et de culpabilité de Paul Put, de Antonio Souaré, de Amadou Diaby, de AKB et de Ibrahima Traoré.

Le comité éthique doit revoir sa copie pour ne pas jeter de l’huile sur le feu. Paul Put s’est lové en défensive quand il dit que si Antonio Souaré ne se dément pas des propos qu’il a déversés sur lui, il ne le rencontrerait pas ; en termes plus explicites, si Antonio Souaré ne se désavoue pas, le bras de fer risque de coûter cher au contribuable guinéen. Il ne s’avoue pas vaincu. Et s’il décide de tout dire, aucune tête ne resterait sur les épaules. Mais comment Antonio, après ce qu’il a dit, pourrait revenir sur ses dire sans perdre toutes ses belles plumes ?

Le peu de ce qui est mis sur la place publique suffit à dire que dans une telle atmosphère, aucune équipe ne pouvait gagner une compétition, encore moins ce Syli National mité et vermoulu jusqu’au noyau.

Le comité d’audit doit s’atteler aux questions connexes concernant le regroupement et le financement des supporters et laisser que les grands crabes du panier se donner des coups de pinces dévastateurs pour éclairer la lanterne des Guinéens.

 

 

 

Moise Sidibé