Bertrand Traoré: «Pas peur de la concurrence» à Chelsea

Bertrand Traoré: «Pas peur de la concurrence» à Chelsea

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Le Burkinabè Bertrand Traoré.AFP PHOTO / KHALED DESOUKI

Bertrand Traoré réalise une belle saison dans le championnat néerlandais, avec 11 buts inscrits en faveur du Vitesse Arnhem. L’attaquant de 19 ans se sent désormais prêt à affronter la concurrence de stars de Chelsea. La saison prochaine, le Burkinabè pourrait retrouver le club anglais avec lequel il est sous contrat jusqu’en 2018.

 

RFI : Bertrand Traoré, comment jugez-vous votre deuxième saison avec le Vitesse Arnhem, jusqu’à présent ?

Bertrand Traoré : C’est assez satisfaisant. J’ai disputé presque tous les matches à chaque fois que j’étais disponible. C’est ce qui me fait vraiment plaisir. Mon objectif en venant ici était d’avoir un maximum de temps de jeu. J’ai eu ma chance. J’arrive à aider mon équipe, à être décisif, à marquer des buts et à en faire marquer.

Comment jugez-vous le championnat néerlandais avec un peu plus de recul ?

Franchement, je ne connaissais pas le championnat avant de venir ici. On m’en avait beaucoup parlé. Mais quand je suis arrivé, j’ai vu que c’était un championnat très intéressant. Avec mon profil, j’aime beaucoup toucher le ballon. Alors ce championnat me convient parfaitement. Et puis il est adapté aux jeunes joueurs. Il te permet également d’apprendre très vite tactiquement et défensivement. Par exemple, pour nous, les joueurs offensifs, c’est souvent difficile de défendre. Mais en jouant ici, on comprend qu’un attaquant ne doit pas seulement marquer des buts. Tu as aussi des tâches défensives à accomplir. […]

Cette deuxième saison ici m’a permis d’être beaucoup plus complet, aussi bien dans les registres offensif que défensif. J’arrive à fournir davantage d’efforts sur le terrain. Je pense que j’ai fait le bon choix en venant ici.

Où jouerez-vous la saison prochaine ?

Pour le moment, je n’ai pas trop d’idées. J’essaie de me concentrer sur les trois derniers matches qui restent avec le Vitesse Arnhem. C’est le plus important. Je veux rester performant jusqu’à la fin de saison. Je pense que ça ne sert à rien de se casser (sic) la tête avec la saison prochaine si je ne réalise pas de belles performances. Si je ne joue pas bien ici, je ne vais jamais retourner à Chelsea.

L’encadrement de Chelsea vous a-t-il déjà dit s’il comptait sur vous pour la prochaine saison ?

Non, pour l’instant, rien n’a été décidé.

A 19 ans, pensez-vous avoir déjà les capacités pour vous imposer dans le championnat anglais ?

Oui, oui ! Je n’ai pas peur de la concurrence. Je suis prêt. Si j devais repartir à Chelsea, je serais tout à fait prêt pour être en concurrence avec les stars de Chelsea.

Si je dois aller dans un autre club, je suis aussi disponible pour relever ce nouveau challenge.

De nos jours, je pense que l’âge est moins important. On ne dit pas « tu es plus jeune ou tu es plus vieux ». Tout dépend du joueur, de son travail et de sa capacité à rester lui-même. Avec le travail, je pense que tout peut arriver.

La concurrence de joueurs comme Eden Hazard, Oscar, Willian, Loïc Rémy ou Juan Cuadrado ne vous impressionnent pas ?

Non, ça ne m’impressionne pas. Ce sont des joueurs que j’admire beaucoup. Mais si je dois être en concurrence avec eux, je suis prêt.

L’Ivoirien Didier Drogba continue-t-il de garder un œil sur vos progrès ?

Oui, je parle souvent avec Didier. Il est un grand frère pour moi. J’ai beaucoup de respect pour lui. Il reste un exemple pour nous, les jeunes joueurs.

Puisqu’on parle de frère, Alain Traoré, votre aîné, vit des débuts difficiles avec l’AS Monaco. Le sentez-vous affecté par son manque de temps de jeu dans le Championnat de France ?

Pour l’instant, c’est un peu compliqué pour Alain. C’est difficile d’arriver en janvier dans un club qui a déjà une équipe en place et qui dispute la Ligue des champions. Monaco n’est pas une petite équipe ; c’est un grand club avec de grands joueurs.

A ce qu’on m’a dit, Alain est performant lors des entraînements. Il doit continuer à bien jouer et ça va venir au fil du temps. Alain est un joueur fantastique.

On dit qu’Alain Traoré a failli arrêter le football, à un moment donné, parce qu’il en avait marre des blessures à répétition. Avez-vous été inquiet pour votre grand frère ?

Oui, on a tous été inquiets. Mais Alain est quelqu’un de fort moralement. A chaque fois que je l’appelle, il me dit que ça va et que tout se passe bien. C’est vraiment quelqu’un qui mérite le respect.

Moi, si je suis blessé une semaine, je deviens fou ! Je me dis qu’il faut absolument que je joue malgré tout. Alain, malgré tout ce qu’il a vécu, il est resté fort. Il a survécu à tous ces moments difficiles.

Ça fait un moment qu’il ne s’est pas blessé. Il a disputé la CAN. Depuis son retour, il s’entraîne tous les jours sans souci.

En parlant de la CAN 2015, avez-vous digéré l’élimination de l’équipe du Burkina Faso au premier tour de la Coupe d’Afrique des nations ?

Ça a été un peu difficile à vivre. On partait comme favori de cette CAN. Au final, on est éliminé avec un point pris et deux défaites. On était tous déçus de notre performance.

Mais depuis quelques semaines, on a un nouveau sélectionneur. On a digéré cette élimination. On va repartir sur de nouvelles bases. On va essayer de se qualifier pour la CAN 2017. […]

Que pensez-vous du groupe du Burkina Faso pour les éliminatoires de la CAN 2017, avec l’Ouganda, le Botswana et les Comores ?

On ne peut pas dire qu’on est dans un groupe abordable ou à l’inverse un groupe très difficile. Même lors d’un match de championnat, une rencontre contre le dernier au classement est très difficile. Ça demande plus de concentration que d’habitude. Ce n’est pas parce que ce sont des équipes peu connues que ce sont forcément des petites équipes. On a par exemple affronté les Comores et ça n’a pas été facile. On avait fait match nul (1-1 le 5 mars 2014, lors d’un match de préparation, Ndlr). Personne ne s’attendait à ce résultat-là d’un vice-champion d’Afrique face aux Comores. On doit donc prendre ce groupe très au sérieux et respecter nos adversaires. On devra se battre pour être qualifiés.

RFI