Voici le nouveau réseau de prostitution qui vient de naître à Conakry : Service après-vente à la maison !

Bonnes à tout faire le jour et bonnes à croquer à pleine dent la nuit. Les filles de ménage, s’adonnent de plus en plus au plus vieux métier du monde: la prostitution sous toutes ses formes dégradantes. Le phénomène va crescendo.

Si, autrefois, les filles de ménage venaient travailler à Conakry afin de se constituer leurs trousseaux de mariage, ces braves filles de campagne sont aujourd’hui entrain de dévier, au grand dam de leurs pauvres parents restés au village, de leur trajectoire. Elles ne viennent plus seulement en ville pour travailler; mais, pour s’adonner à des pratiques qui n’existent pas chez elles en campagne. Il suffit de faire nuitamment un tour à l’aéroport de Gbessia , au centre émetteur de kipé, à Matoto ou à la ‘’Foret’ ’du nom de ce bar de cosa dans la commune de Ratoma pour s’en apercevoir. Elles sont visibles dans presque tous les coins et recoins des rues de notre capitale.

Après avoir passé une longue journée de labeur, ces filles animent nuitamment certains coin de Conakry comme à proximité de Marifala à kaporo , ou à hamdallaye avant le carrefour concasseur. Quand elles ne fréquentent pas des bars-restaurants, des maquis et autres lieux lubriques.
Des faits confirmés par Bangaly keita (BIG), un habitué des zones fréquentées par ces filles de joie: «Je ne rate pas un week-end pour faire un tour dans ces coins; car, les filles, les bonnes, pour la plupart, y sont d’un commerce facile et très abordables. Contrairement aux autres qui sont dans les milieux professionnels de la prostitution. Notamment, les Ghanéennes, les Sénégalaises et autres».
Rama est une femme de ménage, elle travaille pour un cadre d’un ministère de la place, elle nous confie ceci :
‘’Chaque jour je couche avec mon patron en l’absence de sa femme et des enfants, et à la fin du mois il double mon salaire, donc au lieu de recevoir 500.000 fg je reçois 1000.000. Chose qui me permet de subvenir à mes besoins et à ceux de mes parents qui se trouvent au village’’.
Poursuivant elle affirme que c’est mieux de faire le commerce du sexe dans les ménages que dans la rue.
«Dans les foyers c’est trop simple, tu es respecté et tu fais ton boulot dans la discrétion et en plus tu es mieux traité, moi ça fait presque deux an je suis dans ça ».
Rama nous dira par la suite qu’elle n’est pas la seule qui pratique cette activité.
« On a une association de femmes de ménages, J’ai une amie c’est elle qui mas donné cette idée, et j’ai des amies qui font ça aussi ».
A l’avis unanime de nos interlocuteurs, les raisons qui poussent ces femmes à se livrer à la prostitution sont essentiellement d’ordre économique. Elles veulent emporter dans leurs villages plus d’argent et d’ustensiles au-delà des salaires gagnés à la sueur de leur front.
Conséquences, nombreuses sont de nos jours des filles de ménages qui volent leurs patrons ou se prostituent. Au cours de ces aventures, certaines contractent des grossesses non désirées par, de surcroit, d’auteurs inconnus. Le cas de M.S. en est un bel exemple. Elle fréquentait un bar de la place. Au cours de cette fréquentation, M.S. tombe enceinte.

Le jour de l’accouchement, des complications surviennent. Et, quand sa patronne lui demanda où se trouverait l’auteur de sa grossesse, pour qu’il se charge des frais médicaux, M.S. indique un bar où le supposé père de son enfant est fréquent. Joint à l’endroit indiqué par la Bonne, ce dernier nia catégoriquement l’accusation portée sur lui. Il déclare et jure de n’être pas de tout le père de l’enfant naturel. Dans le pire des cas, ces filles de ménages pratiquent l’infanticide ou recourent à l’avortement clandestin au péril de leur vie. A cela, il faut ajouter le fait qu’elles sont exposées aux VIH-Sida et autres MST (maladies sexuellement transmissibles).

Reste à savoir, maintenant, comment circonscrire cet autre véritable phénomène social. Une triste réalité désormais à la base de cette dépravation de mœurs, qui créée de sérieux problèmes au sein de cette autre couche de vulnérables issues de notre rural dans le seul but de se doter de leurs trousseaux de mariage.

Ibrahima Diallo