Fête du travail : Pourquoi célébrer ce qui n’existe quasiment pas ?

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Le 1er mai est un jour important pour tous les travailleurs du monde qui célèbrent l’impact de leurs réalisations dans la société. C’est pourquoi une nécessité de donner à cette journée une forme de célébration plus adaptée au contexte s’impose dans notre pays. Depuis des lustres nos autorités en font simplement une opportunité pour tenir des discours propagandistes et organiser des défilés à coup de milliards sur les places publiques pour célébrer une denrée rare voire inexistante : l’emploi.

Et pourtant nous pouvons innover en faisant de cette journée une occasion pour publier les statistiques sur le chômage et ouvrir un vaste débat sur la problématique de l’emploi.
En effet, voici quelques interrogations qui peuvent nous permettre de faire bouger les lignes et réduire la démagogie des festivités habituelles : Quel est le rendement marginal d’un travailleur du secteur public guinéen ? Quelle est sa part de contribution à la création de la richesse nationale ? Combien d’années doit-il travailler pour rentabiliser l’investissement public lié à sa formation et son encadrement ? Comment encourager le retour des cadres de la diaspora dans le circuit économique local ? Etc.

Alors il est vraiment regrettable de toujours constater que les pratiques et évidemment les résultats restent les mêmes chaque année. Le pire est que l’on s’évertue à répéter la méthode sans véritablement s’interroger sur son efficacité. Sinon de nos jours une fête du travail dans notre pays symbolise quoi en réalité si ce n’est que le chômage de masse, le manque de perspectives et une très faible visibilité sur l’avenir. En somme une crise de l’emploi dans toutes ses dimensions.

Exprimer ainsi un souhait de bonne fête serait adresser un message à des dirigeants en panne d’inspiration et à une infime minorité sans s’interroger sur l’avenir de la majorité de nos jeunes qui sont sans emploi donc sans avenir.
Finalement nous célébrons le travail, le chômage ou simplement la pauvreté ?

À nos responsabilités chères compatriotes !

 

Aliou Bah
Citoyen de la République