Femmes de Guinée, Il ne suffit pas de réclamer, il faut arracher les opportunités ( Par Ibrahim Kalil DIALLO )

172

Proclamé par les Nations Unies en 1977, la Journée internationale de la femme puise ses origines dans des manifestations de femmes du début du 20e siècle, réclamant le droit de vote, de meilleures conditions de travail et l’égalité entre les sexes.  Au fil des ans, elles ont réussi à arracher, dans de nombreux pays, certaines opportunités.

Il s’agit notamment des droits à l’éducation, la participation à la vie socioprofessionnelle, la liberté de mener des activités économiques. Nanties de leur majorité, les femmes n’entendent pas s’arrêter à mi-chemin.

Au contraire, elles veulent aller loin.

Pour elle, il faut mettre fin aux discours ronflants prononcés chaque année à l’occasion de la fête des femmes.

Égalité de chance, plein épanouissement, représentativité aux instances de prise de décision, que  de beaux mots qui ne riment pas très souvent avec la réalité.

Il suffit de jeter un coup d’œil au sein de l’administration publique, des postes stratégiques dans les entreprises privées, au sein des partis politiques, partout, le taux de présence des femmes reste encore faible.

Par exemple à Conakry, une seule femme dirige une commune sur cinq. Aminata Touré, s’est démarquée.

Elle s’est justement tirée d’affaire, parce qu’elle a osé.

L’audace, voici ce qui manque souvent aux femmes. Elles s’engouffrent toujours dans le carcan étouffant de la victimisation.

Attendre que l’on fasse tout pour elles. Elles s’arc-boutent dans leur vulnérabilité.

Une vulnérabilité qui trouve son essence dans l’idée d’être assistée. Mais attention, il n’y a pas de vent favorable à un navire qui ne sait pas où il va!

Il ne suffit pas de réclamer, il faut arracher les opportunités. Cela demande le courage, une prise de conscience et l’engagement. Víctor Hugo disait  »qu’une prise de conscience sans engagement, est stérile et vaine ». Il faut donc foncer, viser plus haut. Plutôt que d’aller danser, festoyer et écouter des discours ronflants des hommes aux commandes, les femmes doivent briser la peur et s’engager. Aujourd’hui, la problématique genre est mise en avant dans tous les programmes de développement. Tout ça pour aider cette couche à sortir de sa  »torpeur ».

Allez femmes de Guinée et d’ailleurs, sachez que rien ne vous sera servi sur un plateau d’or. Certains hommes ne sont pas encore prêts à céder leur suprématie.

C’est vrai que vous êtes déjà sur la voie. Il suffit de sortir à l’aube pour voir ces femmes qui bravent l’insécurité pour aller exercer leurs petits commerces.

Elles sont dans les marchés, sur les routes voire même en brousse sur le front de la survie.

Il faut en faire autant en politique surtout. Refuser d’être des bétails électoraux, exiger votre préséance et en bonne place sur les listes électorales.

Foncer dans l’armée, bref dans tous les secteurs considérés comme la chasse gardée des hommes.

Mais attention, tout cela requiert, une qualification, un niveau intellectuel.

Aux hommes, cessez la dictature, laisser les filles aller à l’école. Débarrassez-vous des stéréotypes. Aujourd’hui, les filles peuvent être plus  »rentables » pour les parents  que les hommes.

Pourvu qu’on leur donne la chance d’avoir une qualification.

Bravo à celles qui ont su se faire une place au soleil grâce à leur combativité. Elles sont d’ailleurs nombreuses. Et comme le dit ce proverbe africain qui dit je cite  »attendre qu’une personne te rende heureuse est le moyen le plus simple d’être malheureux ». Femme lève toi et bat toi.

 

Toute l’équipe de Journal Guinée et son PDG souhaitent bonne fête aux femmes de  Guinée et du monde !

 

 

 

Ibrahim Kalil DIALLO

Directeur de publication de Journal Guinée

00 224 621 50 15 82