»Vaincre sans péril, c’est triompher sans gloire ». ( Par Ibrahim Kalil DIALLO )

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La Guinée, disons, la démocratie guinéenne vient de prendre encore un coup. Le parti au pouvoir jubile. Il y a de quoi. Lorsqu’on remporte une victoire, c’est évident de la célébrer. Il faut donc, fêter. Fêter parce qu’on a gagné. Oui, gagné quelque soit la manière, la victoire, c’est la victoire. Surtout, la démocratie sous le magistère du pouvoir actuel, nous donne des leçons.  De nouvelles leçons de démocratie basée sur la controverse. La perfidie voire même, le forcing électoral. Il s’agit là, d’user de tous les moyens pour  »renverser la vapeur » lorsqu’on est dans une posture inconfortable. C’est ce qu’on appelle aussi, renversement de la situation.

C’est comme dans une lutte où celui qui a terrassé son adversaire, peut se retrouver lui-même, renverser par ce dernier.

Le RPG qui était en difficulté lors du premier Round, a utilisé les tactiques dont lui seul a le secret pour s’offrir la plus grande commune de Conakry.

Certains diront que c’est une prouesse politique du RPG. D’autres par contre pourraient penser à un hold-up  électoral. Une situation préjudiciable à l’ancrage démocratique dans le pays. Mamadouba TOSS Camara, nouveau maire, a aussi bénéficié du soutien d’autres conseillers qui ne sont pas du parti au pouvoir.

Il doit également sa victoire au général Bouréma CONDE qui, dans une décision, a annulé la première élection.

Une décision attaquée par l’UFDG devant la cour suprême. Cette juridiction a finit par débouter le parti de Cellou Dalein DIALLO en se déclarant incompétente à trancher cette affaire. Pendant que Kalémoudou Yansané cherche à défendre sa victoire devant les tribunaux, c’est le RPG qui savoure l’élection de son candidat à la mairie. Pour l’UFDG, les carottes sont cuites.

La défaite du principal parti d’opposition, est aussi l’accumulation des erreurs de ce dernier. La candeur de son leader qui oublie très souvent, qu’en politique, le diable se trouve dans les détails.

La signature de plusieurs accords souvent impopulaires au gré des calculs politiques du pouvoir, illustre parfaitement cette naïveté qu’exploite à souhait le camp d’en face. L’UFDG aura donc, du mal à se remettre de revers dont les conséquences pourraient être ressenties jusqu’à la base.

De la victoire du RPG à la défaite de l’UFDG, il ressort un constat peu reluisant. Il est clair que ce modèle de démocratie ne saurait prospérer ailleurs. Au contraire, nos acteurs politiques ont encore prouvé leurs limites. Pire, c’est sous le magistère du Pr. Alpha CONDE, qui est le résumé de la constance du combat politique. 40 ans de persévérance face à un régime militaire redoutable où la fraude électorale était érigés en système.

Aujourd’hui, l’élection d’un maire fut-il, de MATOTO, se déroule sans l’opposition. Car, tout simplement, les opposants d’hier chantres de la dénonciation, sont maîtres du pouvoir.

Quel héritage cette classe politique veut elle léguer à la nouvelle génération?

La Guinée est elle condamnée à vivre dans ce cercle vicieux ? Où les anciennes pratiques néfastes qu’on a dénoncées durant plusieurs décennies continuent d’alimenter nos façons de faire.

Nos façons de gouverner ou conquérir le pouvoir ! Il y a lieu de dire maintenant, halte. Halte aux anciennes pratiques qui ont montré leurs limites. Halte à la politique de  »l’Autriche » qui consiste à faire croire qu’on est responsable de rien.

De cette élection, il faut dire que nous sommes face à deux scénarios.

Un maire légal mais illégitime : Mamadouba TOSS Camara. Et un maire légitime, mais illégal, Kalémoudou Yansané. Quel honte! Kindia aussi a deux maires pour une même commune.

En lieu et place d’une politique de développement local profitable à la collectivité, l’on risque d’assister à une bataille rangée entre les différents protagonistes pour le contrôle de nos mairies. Un nouveau cycle de crises sans précédent.

Ces querelles intestines risquent de détourner les élus de leurs missions de développement à la base.

Et comme le disait  Thierno Monembo, je cite: » eux qui auraient dû être la solution. Ils n’étaient en rien, c’est plutôt eux, le problème à la lumière de la vérité ».

Fin de citation.

 

 

 

Ibrahim Kalil DIALLO Journaliste

00 224 621 50 15 82

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