Le général a parlé, le peuple a entendu. ( Par Ibrahim Kalil DIALLO )

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 »L’histoire accouche dans la douleur » disait quelqu’un. L’histoire des peuples ou des pays s’écrit soit par l’ancre indélébile ou le sang de ses fils. Des deux hypothèses, elle s’est toujours jouée très souvent entre les maîtres de l’heure et leurs  »sujets ».

Ceux qui sont aux affaires sont toujours tentés de s’éterniser avec tout le privilège que cela représente.

Malheur à ceux là qui voudront que ça change.

L’humanité a longtemps vécu comme ça.

Une telle société où un petit clan trône et malmène l’écrasante majorité. Cette société est condamnée à l’échec.

C’est pourquoi, en Guinée comme ailleurs, les gens se sont battus parfois au prix de leur vie pour l’instauration de la démocratie.

Un système de gouvernance basée essentiellement sur la redevabilité, l’alternance au pouvoir.

Dans le langage courant, on parle du pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple.

Aujourd’hui en Guinée, cette démocratie bien que balbutiante, est menacée par un petit groupe guidé par la boulimie du pouvoir.

Ce groupe parle au nom du peuple. Dilapide nos ressources. Appauvrit les populations avant de les soudoyer par l’argent détourné.

Leur argent qui devait servir à les soigner, éduquer, offrir des conditions de vie descentes.

C’est le cas des promoteurs de la nouvelle constitution. Ils cherchent de façon éhontée à faire passer le projet à tout prix.

Pas parce qu’ils aiment le Président actuel.

C’est pour tout simplement continuer à profiter du système qui pèse lourd sur le dos des pauvres citoyens.

Cette forteresse bien enracinée et dont le président Condé ne saurait démanteler aussi facilement.

Puisqu’il s’est fait prendre par des experts de la perfidie au relan internistes.

Nouvelle constitution qui va aboutir à un troisième mandat, voilà la marchandise qui semble avoir un preneur.

Un tel appât ne rate pas.

Ils l’ont fait au temps du général Conté. L’argent a coulé à flot, le projet a marché, le pays s’est agenouillé.

Et Conté à gérer des crises jusqu’à sa mort dans une jungle où les rapaces s’arrachaient les yeux et régnaient en maître. Même s’ils l’ont nié après.

Aimer Alpha Condé, c’est de lui faire comprendre tout cela.

Aimer Alpha Condé, c’est l’aider à quitter le pouvoir dans l’honneur. Aimer Alpha Condé, c’est de lui rappeler son parcours politique.

Aimer Alpha Condé, c’est lui dire de respecter la constitution.

Sinon monsieur le Président, comme le général Conté, vos admirateurs de circonstances, on les connait, vous feront porter seul tout ce fardeau de l’histoire.

Ceux qui parlent et agissent au nom du peuple, ne sont pas forcément vos amies. Le peuple, le vrai, est imprévisible.

Il sait se taire et subir.

Mais il sait aussi et surtout se réveiller. Même tardivement, il peut se réveiller.

 

Le général a donc parlé, le peuple a entendu.

 

 

 

Ibrahim Kalil DIALLO

Journaliste

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