La démocratie guinéenne encore balbutiante, amorce un tournant décisif. (Par Ibrahim Kalil DIALLO)

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En République démocratique du Congo, Joseph Kabila aux termes de son second et dernier mandat, a tenté de changer les règles du jeu, pour se maintenir au pouvoir. Face à la réalité, il était contraint de passer le pouvoir à un autre congolais dans des conditions qu’on connait. Au Niger Mahamadou Issouffou, n’entend pas changer la constitution pour briguer un troisième mandat. En tout cas, le prochain candidat de son parti est désormais connu.

Que dire de l’Algérie où Bouteflika face à la pression de la rue et talonné par l’armée, a rendu le tablier. Autant dire que les peuples africains commencent à comprendre que la démocratie, c’est aussi et surtout l’alternance au pouvoir.  Ils ont compris qu’il n’y a pas d’homme providence.

Et donc, un seul individu ne peut pas faire l’affaire du pays tout le temps. Une seule intelligence ne saurait développer une nation indéfiniment. C’est ce que beaucoup ont compris. En Guinée, la question est aussi d’actualité. A la seule différence le sujet est plus qu’énigmatique en Guinée.

C’est vraiment un mystère. Un mystère parce que tout simplement, le principal concerné n’a daigné dire un seul mot.  Même si la constitution est claire la dessus. L’article 45 frappé d’intangibilité, indique qu’il ne saurait avoir plus de deux mandats présidentiels.

Aujourd’hui, des sirènes révisionnistes prônent le changement de la constitution arguant que le texte souffre à la fois de légitimité pour avoir été adopté par ordonnance d’un général de l’armée mais aussi d’assez d’insuffisances.

Mais la question qui taraude les esprits.

Pourquoi maintenant ?

Comment comprendre qu’après 9 ans d’exercices, c’est maintenant que l’on constate que notre constitution a des insuffisances?

En tout cas, les chosent se précisent d’avantage.

Les banderoles et les discours en disent long sur cette intention de réviser le texte.

Et on a vu celle affichée au palais du peuple qui a finalement été arrachée par le vent.

Comme pour dire que même la nature n’est pas d’accord avec cette idée suicidaire. Et c’est dans ce contexte qu’est né le front de défense de la constitution.

Constitué des différentes sensibilités sociopolitiques du pays, ces acteurs veulent faire barrage à cette démarche.

L’avenir de la jeune démocratie guinéenne en dépend. Cette fois ci, ce mouvement n’a pas droit à l’échec.

Sur cette question précise, les Guinéens doivent transcender leur égo pour sauver les acquis démocratiques.

Cela passe par l’engagement et d’actions pacifiques mais vigoureuses.

Comme on le dit, qui ne dit rien consent.

Le Pr Alpha n’a pas encore dit son dernier mot. Même si son silence devient assourdissant.

D’aucun diront que c’est aussi l’un des pièges qu’il tend à ses opposants qui s’agitent déjà.

Il pourrait sortir sa dernière cartouche et surprendre. L’exemple congolais est encore dans les esprits. Tout comme d’autres d’ailleurs qui peuvent l’inspirer.

En tout cas, les choses ont changé, les peuples évoluent, les Guinéens aussi.

Les promoteurs du 3ème mandat doivent savoir que le Guinéen est prêt à tout pour sauver ses intérêts.

On se rappelle du mouvement DADIS doit rester et tant d’autres sous le magistère du général Conté. Mais les temps ont changé.

Ceux qui prônent aujourd’hui la modification de la constitution ne sont pas forcément de vrais parfois partisans, c’est plutôt de client politiques.

Des individus qui profitent du système qui ne tarissent pas d’idée pour perpétuer le système au gré de l’intérêt général. Ceux-là, ils sont partout dans toutes les ethnies.

Mais, il y a lieu de rappeler qu’il y’a aussi, peut être qu’ils sont les plus nombreux, ceux qui n’ont pas bénéficier de largesse du système.

Ceux-là qui ont vu leurs amis d’enfance ou d’école vivre la pluie et le beau temps. Pas parce qu’ils sont les plus intelligents.

Mais tout simplement, sont des privilégiés du système. Ils sont aussi de toutes les ethnies. Comme pour dire qu’en politique ou encore dans les affaires, il n’y pas d’amitié.

Seuls les intérêts priment. Ceux qui applaudissent aujourd’hui, ne sont pas forcément, ceux qui vous aiment.

Et donc, plusieurs options s’offrent au président Alpha condé Condé.

Peut être que l’opposant historique avec 40 ans de lutte politique, sera aussi le président historique de la Guinée.

Qui sait !

 

 

 

 

Ibrahim Kalil DIALLO

Journaliste

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