Fichier électoral. Le nœud gordien d’une autre crise en gestation. ( Par Ibrahim kalil DIALLO )

Après une longue trêve, la classe politique guinéenne renoue avec les crises. Celle qui se dessine est belle et bien autour du fichier électoral. Un fichier qui pourtant, a été audité par un comité d’experts. Les résultats ne font pas l’unanimité. Certains, notamment, le pouvoir, estiment qu’il n’y a pas à s’inquiéter.

Alors que d’autres à l’image de l’UFR de Sidya Touré, y voient le contraire. Le ton monte et la tension aussi. Un cocktail Molotov qui risque de faire jaser.

De cette crise en miniature, il y a lieu de se demander pourquoi ces crises à l’orée des élections en Guinée?

Comment se fait-il que les acteurs politiques peinent à s’accorder sur l’essentiel ? A qui profite finalement cette situation ? En attendant d’y voir clair, il faut dire que les Guinéens sont fatigués.

Fatigués de l’immaturité des uns et la perfidie des autres. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous sommes toujours dans un cercle vicieux.

Sinon, la mise à jour du fichier électoral ne devait pas poser problème. Elle doit être permanente. On n’a pas besoin qu’on soit à l’approche d’une élection pour le faire.

Mais le paradoxe guinéen aidant, l’actualisation du fichier électoral est devenu un autre élément de crise. Parce que les crises, on en fabrique en Guinée. Crise de confiance entre les acteurs politiques.

Personne ne croix à l’autre. La CENI, organe en charge des élections peine à rassurer les acteurs politiques. Pourtant, elle est l’émanation de ces mêmes partis politiques.

L’autre fait à ne pas perdre de vue, c’est bien l’opportunité d’un tel débat. Au moment où les sirènes révisionnistes de la constitution retentissent actuellement à travers le pays. Le débat sur le fichier électoral pourrait permettre aux promoteurs du troisième mandat à gagner du temps.

L’opposition risque d’être entraînée dans une aventure aux issues incertaines pour elle bien sûre.

Une pente glissante qui pourrait faire glisser le mandat de quelqu’un.

Puisqu’on dit c’est quand quelqu’un laisse, quelqu’un prend.

Mais va-t-il laisser aussi facilement ce que les autres cherchent depuis longtemps. En tout cas, les députés n’ont pas laissé l’hémicycle.

Au contraire, ils sortent tout l’argumentaire possible pour défendre la prorogation de leur mandat. S’il y a prorogation chez les députés, ne soyons pas étonné de voir pour d’autres. Donc, la classe politique, notamment l’opposition, celle là même qui veut une alternance, a intérêt à faire l’économie de crises. Car, les crises, on en a connu. Leurs issues également.

Et très souvent, l’opposition finit toujours par accepter ce qu’elle a refusé au départ.  Le pouvoir aussi.

Il faut pour une fois permettre aux Guinéens de vivre un processus électoral apaisé et inclusif. Consacrons nous à l’essentiel. Et comme le dit ce proverbe africain

 » Le chien a beau avoir quatre pattes, il ne peut emprunter deux chemins à la fois » fin de citation.

 

 

Ibrahim kalil DIALLO

Journaliste

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