Togo : S’achemine-t-on vers la chute du régime Gnassingbé ?

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La situation qui prévaut actuellement dans ce petit pays de la sous-région crée sans doute la panique et l’inquiétude au plus haut sommet de l’Etat. En effet, le peuple Togolais semble décider à faire basculer cette fois ci le régime de Faurt Gnassingbé, après 12 ans de règne sans partage et sans progrès significatifs. Cette éventualité n’est plus à douter aujourd’hui, d’autant plus que les dernières journées de mobilisation organisées par l’opposition prouvent en suffisance que la légitimité du régime actuel est largement remise en cause.

 

C’est pourquoi le leader de l’opposition Togolaise, Jean Pierre Fabre et ses collègues ne comptent plus baisser les bras. Et ce, quel que soit le bilan que ces manifestations engendreront, car ils semblent tous persuader que la voie pacifique n’est plus efficace face à un régime totalitaire de ce genre.

Ainsi, en plus de la demande relative à la limitation du nombre de mandat présidentiel, Jean Pierre Fabre et ses collègues comptent bien aller plus loin, en demandant cette fois ci le départ pure et simple de Faure Gnassingbé, qui, il faut le rappeler, a remplacé son père en 2005 après une répression sanglante.

POUR QUOI LA SITUATION S’ENFLAMME ?

Loin d’être un fait du hasard, la gouvernance de Gnassingbé n’a pas pu satisfaire les Togolais dans leurs besoins fondamentaux. Après 12 ans de règne sans partage, l’accumulation des frustrations au niveau de la société semble s’intensifier d’avantage, et créant de facto cette atmosphère crisogene qui semble contaminer toutes les catégories sociales du pays. L’opposition, la société civile, la classe inférieure, tous semblent conjuguer presque le même verbe.

C’est à dire, demander à l’homme fort de Lomé de respecter les lois du pays, ou à défaut de quitter le pays dans les meilleurs délais, avant que la situation de l’emporte. Toujours est-il que, pour qui se souvient de l’exemple du voisin Burkinabé en 2014, comprendra clairement que ce scenario n’est pas exclu au Togo, d’autant plus que les régimes dictatoriaux sont souvent emportés par des mouvements populaires qu’ils ont minimisés au départ.

Et voilà aujourd’hui, après plusieurs années de protestation et de mise en garde, Faure Gnassingbé semble tombé dans son propre piège, car si au départ les mouvements se limitaient à Lomé, aujourd’hui ils sont non seulement continuels, mais touchent également plusieurs agglomérations du pays.

Toute chose qui laisse planer l’inquiétude d’une éventuelle déstabilisation du pays, car à défaut de se retrouver au tour de la table, les acteurs opposés se donneront rendez-vous dans la rue pour un rapport de force, qui pourra éventuellement basculer en guerre civile.

QUE FAUT-IL FAIRE POUR SAUVER LA PAIX DANS CE PAYS ?

La gravité de la situation actuellement nécessite largement une médiation neutre et impartiale pour sauver la paix sociale dans ce pays. Car comme l’on aime souvent le dire, quel que soit l’intensité d’une guerre, elle finit toujours au tour d’une table.

C’est pourquoi l’union Africaine et la CEDEAO doivent agir maintenant pour éviter une répétition du scenario de 2005, qui, il faut le rappeler avait causé la mort de plusieurs milliers de personnes. Les deux camps opposés, à savoir pouvoir et opposition aussi doivent privilégier l’intérêt national en évitant de tomber dans l’excès de la violence, car si le pays bascule dans la guerre, personne ne va en profiter.

L’exemple de la Libye en 2011 reste encore dans les annales de l’histoire, comme pour dire qu’on ne peut s’en rendre compte de l’importance de la paix que le jour où elle va nous échapper.  Il faut par ailleurs interpeller dans ce sens les grandes puissances étrangères, qui apportent toujours un soutien sans faille aux dictateurs Africains qui répriment sauvagement leur peuple.

Cela a été l’une de source de déstabilisation de plusieurs pays, d’autant plus que ces présidents dictateurs bénéficient souvent du soutien de ces puissances pour s’éterniser illégitimement à la tête de leurs pays, sans apporter le moindre progrès.

 

 

 

 Mamadou Moussa Diallo pour Journal Guinée

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