Suspension des manifestations de rue : La sagesse de Cellou Dalein va-t-elle payer ?

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C’est bien cette sagesse qui a  toujours sauvé la paix sociale, à chaque fois que la Guinée plonge dans ses crises de violences récurrentes. Après les proclamations des résultats du scrutin présidentiel de 2010, il a fallu que le président de l’UFDG revienne à de meilleurs sentiments, pour éviter à la Guinée de sombrer dans une spirale de violences postélectorales. En 2015, c’est la même retenue qui ramènera la paix, alors que les militants du vainqueur contesté jubilaient dans les rues.

Les dernières communales seront suivies de manifestations de rue, organisées par l’UFDG, pour revendiquer les vrais résultats sortis des urnes qui auraient été détournés au profit du parti au pouvoir.

Des innocents y perdront leur vie, des biens seront saccagés. Pour arrêter  ce cycle de violences, le président Condé a fini par demander à rencontrer le chef de file de l’Opposition guinéenne. De cette rencontre sortira une série de concessions entre les deux parties.

En réalité, le tout tournait autour des mêmes revendications, des mêmes accords non appliqués. Comme pour dire qu’il n’aurait pas été nécessaire d’affrontements de rue pour aboutir à une rencontre entre le pouvoir et son principal adversaire dont la sagesse aura toujours été d’un recours salutaire, pour désamorcer les crises.

Dans la foulée, Il a été mis en place un comité de suivi et d’appréciation des requêtes de l’opposition, relatives aux résultats des dernières communales et autres  sujets non moins importants, notamment la question sur la CENI et la situation des fiches électorales, en passant par le dédommagement de toutes les  victimes.

Depuis cette rencontre, Il ya une accalmie qui redonne de l’espoir, en attendant que le comité mis en place, rende publique sa résolution, après appréciations des faits qui lui sont soumis. L’important est que le président de la République et le Chef de file de l’opposition politique aient jugé de la nécessité de recourir au dialogue, pour parvenir à l’ouverture d’une voie paisible à  la sortie de crise.

Cette hauteur de vue doit pouvoir guider les membres du comité de suivi de l’application des accords, pour éviter de compromettre la paix sociale devenue une aspiration commune. Cependant, il est à redouter que la sagesse du président Cellou Dalein ne soit pas, une fois de plus, mal payée.

C’est dire qu’il serait nécessaire d’apprécier, à sa juste valeur, la volonté de paix qui anime le chef de file de l’opposition politique et d’en tenir compte dans la recherche de solutions aux requêtes. Faudrait-il souligner que les manifestations de rue de l’opposition politique ne sont que suspendues, en attendant de savoir les vraies motivations du président Condé, l’initiateur de la rencontre… de la dernière chance, pourrait-on dire.

 

 

 

Par Ibrahim kalil Diallo

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