Géopolitique internationale : L’axe Moscou-Ankara se renforce !

En dépit de ses relations tendues avec l’occident, la Turquie ne compte pas reculer dans sa politique de rapprochement avec Moscou. En effet, prévue depuis quelques semaines, le président Russe a entamé ce jeudi 28 Septembre 2017 une visite de travail en Turquie. Ainsi, aussitôt arrivé, le chef du Kremlin Vladimir Poutine a été accueilli par son homologue Turc, Recep Tayyip Erdogan pour enfin se diriger vers la résidence privée du numéro 1 Turc située dans la capitale Ankara. Cette visite de 24 heures intervient dans deux contextes différents.

 

L’un marqué tout d’abord par le réchauffement des relations entre Moscou et Ankara, après les brouilles diplomatiques qui les ont caractérisés en 2015 suite à la destruction d’un bombardier Russe par un chasseur Turc.

L’autre contexte reste marqué par des tensions diplomatiques de plus en plus récurrentes ces derniers temps entre Ankara et certains de ses alliés occidentaux, dont les États unis et l’Allemagne en première ligne.

Comme pour dire que cette visite du chef du kremlin Russe s’annonce déterminent pour l’établissement du nouvel ordre mondial tant prôné par certaines puissances incontournables.

Mais toutefois, au-delà de l’accord obtenu pour la construction par la Russie de la centrale énergétique d’Akkuyu, dans la province de Mersin avec une capacité de 1200 Mégawatts.

Les deux chefs d’États pourront bien élargir leurs discussions sur d’autres sujets majeurs qui retiennent l’attention de l’opinion internationale.

DE LA GUERRE EN SYRIE !

Marqué ces derniers temps par d’importants bouleversements, le conflit en Syrie voisine sera sans doute l’un de dossier phare de leur entretien.

Ainsi, connaissant la nouvelle orientation de cette guerre, et surtout connaissant la nouvelle donne de la politique d’Ankara vis à vis de ce conflit, l’on pourrait bien s’attendre à une entente majeure entre les deux pays.

Malgré qu’au départ ils soutenaient tous des forces opposées sur le terrain. Une éventualité qui s’inscrit d’ailleurs dans une suite logique, d’autant plus que la Turquie avait déjà conclu par le passé avec l’Iran et la Russie de lancer des opérations conjointes contre les positions de Desh en Syrie.

Un accord qui avait marqué à l’époque le début d’un changement profond de la politique d’Erdogan vis à vis du régime de Bachar El-Assad, car il semble bien comprendre que son pays n’a rien à gagner si ce conflit Syrien persiste.

Toute chose qui expliquerait dans une large mesure, la décision de la Turquie d’œuvrer finalement pour mettre un terme à cette guerre sanglante, au lieu de chercher un changement de régime à Damas.

D’où d’ailleurs l’origine du rapprochement en cours entre Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan, malgré l’hostilité que cela a suscitée du côté de l’occident.

DE L’ACHAT DES S400 RUSSES PAR LA TURQUIE !

Annoncée il y a deux semaines, ce contrat d’acquisition de ces missiles du système de défense anti aérien Russe a créé un froid dans les dos de l’Otan.

Cette alliance militaire dont la Turquie est membre n’a pas vu d’un bon œil ce contrat d’envergure passé avec la Russie. Une attitude bien logique, d’autant plus que la Russie reste le plus grand ennemi de l’Otan dans le monde.

Or le rapprochement qui se dessine entre Ankara et Moscou peut sans doute susciter l’inquiétude de l’Otan, car craignant un basculement de ce pays qui constitue une zone stratégique pour le contrôle du Moyen Orient.

Toujours est-il que, la livraison éventuelle de ces missiles à la Turquie, constituera dans le futur une manœuvre pour Moscou d’étendre sa suprématie militaire dans la région, et particulièrement sur la Turquie, qui, jusqu’à présent restait une chasse gardée de Washington.

DU REFERENDUM AU KIRDUSTAN !

Un dossier phare, mais qui semble être marqué par certaines divergences entre Moscou et Ankara. Du côté de la Russie tout d’abord, l’on a remarqué une certaine réserve émise par Vladimir Poutine sur le referendum d’indépendance organisé la semaine dernière par les autorités de cette région autonome.

Une attitude qui s’inscrit dans une logique visant à protéger les intérêts économiques que Moscou dispose dans la région. Mais cependant, comme il fallait s’y attendre d’ailleurs, ce referendum a été largement condamné par Ankara qui voit en cela une menace pour sa sécurité et celle de la région toute entière.

Plus loin, le gouvernement Turc menace d’isoler cette région, si toutefois ses dirigeants proclamaient son indépendance totale vis à vis de Bagdad.

Comme pour dire que les discussions sur ce sujet s’annoncent compliquées et complexes entre Poutine et Erdogan, étant donné que chacun compte s’y engager en fonction des intérêts de son pays.

Par ailleurs, l’autre point qui pourrait intervenir dans cet entretien, sera bien évidement le projet de gazoduc pour relier les deux pays afin de faciliter l’exportation du gaz Russe en Turquie.

Ce projet entamé en 2014 avait failli être abandonné en 2015 après les brouilles diplomatiques survenues entre les deux pays.

 

 

 

Mamadou Moussa Diallo pour Journal Guinée

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