Côte d’Ivoire: Soro, une candidature à la présidentielle et des interrogations !

Guillaume Soro, President of Ivory Coast National Assembly and Ivory Coast's President Alassane Ouattara (L) wave good bye to Claude Bartolone (not pictured), President of the French National Assembly, as he departs the presidential palace in Abidjan October 24, 2014. Picture taken October 24, 2014. REUTERS/Luc Gnago (IVORY COAST - Tags: POLITICS) - GM1EAAP0R4R01

Guillaume Soro est officiellement candidat à la présidentielle ivoirienne de 2020. L’ex-président de l’Assemblée nationale l’a annoncé samedi dernier à Valence, en Espagne, où il rencontrait des militants. La nouvelle est loin d’être une surprise, mais son caractère précipité suscite des interrogations.

On s’attendait à une annonce en grande pompe, c’est finalement de manière relativement discrète et inattendue que Guillaume Soro a déclaré se présenter à la magistrature suprême.

Pour les partis qui le soutiennent, cette annonce depuis l’étranger peut être vue comme une manière pour l’ancien chef rebelle de se démarquer définitivement du parti au pouvoir RHDP (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix) et du président Alassane Ouattara.

Un choix stratégique donc pour couper court aux rumeurs selon lesquelles l’ex-président de l’Assemblée nationale reviendrait prochainement dans les rangs du parti au pouvoir. C’est en tout cas l’hypothèse avancée par le député soroïste Alain Lobognon : « En Côte d’ivoire, certaines personnes font croire que M. Soro n’est pas candidat et qu’il s’apprêtait à déposer ses valises au sein du RHDP. C’est une façon de leur répondre, de leur dire « Niet »… « J’y suis, j’y reste, je suis candidat à l’élection présidentielle de 2020 » ».

« Règlements de compte politiques »

D’après le parlementaire, son champion, qui a officiellement lancé ce week-end son mouvement Générations et peuples solidaires, ne cesse de subir des attaques du pouvoir. Dernière en date : la tentative d’arrestation de Guillaume Soro par Interpol à Barcelone le 8 octobre dernier. Et là aussi, Alain Lobognon y voit la main de l’État ivoirien.

« M. Soro, qui a des amis à Interpol Lyon, a saisi ces derniers qui ont marqué leur surprise. Mais il est clair que ceux qui se sont présentés disaient agir au nom d’Interpol. Est-ce Interpol Abidjan ? Les députés du groupe parlementaire vont demander au ministre de la Sécurité de s’expliquer, parce qu’il est inacceptable qu’on utilise Interpol pour des règlements de compte politiques », précise Alain Lobognon.

Les parlementaires soroïstes comptent également saisir les autorités américaines, françaises, espagnoles et européennes pour faire la lumière sur cette affaire.

 

 

 

rfi