Chute d’Omar El Béchir : Quand la dictature prend du plomb dans l’aile ! ( Par Ibrahim Kalil DIALLO )

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C’est un fait banal qui a eu raison du tout puissant Omar El Béchir. Une simple augmentation du prix du blé qui provoque la chute du vieux renard. Un bon prétexte pour les Soudanais, prêt à vider leur besace sur celui là même qui ne lésine pas sur les moyens coercitifs pour asseoir son autorité.

 Une autorité qu’il a exercée d’une main de fer sur son peuple pendant plusieurs décennies. Un peuple qui, à force de trop subir, finit par péter les plombs.

 Il a fallu au moins trois mois de mobilisation des Soudanais, prêts à en découdre avec un dirigeant qui pèse lourd sur son dos.

 Omar El Béchir dont le simple nom faisait trembler, est sorti par la petite porte de l’histoire.

C’est ça aussi le sort des dirigeants qui s’éternisent au pouvoir. Cette boulimie du pouvoir, finit toujours par avoir raison d’eux.

L’homme au parcours atypique, a été finalement » déposé » par l’armée sur qui il comptait pour opprimer son peuple qui lui devait obéissance et donc soumission.

 Aujourd’hui, l’histoire a changé de camp. L’homme fort d’hier, est devenu l’ombre de lui-même.

Quel sort! Quelle déchéance ! Ironie du sort, comme Omar El Béchir, les dictateurs tombent sous l’effet des événements qu’ils ont toujours minimisé au départ.

 Ben Aly en Tunisie, Blaise Compaoré, et tant d’autres, n’ont pas vu le vent venir. Mais, il est très facile de comprendre que ceux qui t’ont applaudit hier ne sont plus avec toi aujourd’hui.

Pour une raison ou pour une autre, les gens peuvent se lasser. Et quand c’est comme ça, il faut savoir partir. Ne surtout pas insisté. Beaucoup de dirigeants ont compris la leçon.

Se prémunir d’une telle surprise, c’est également éviter que le peuple se fâche. Une raison de plus pour alerter les dirigeants qui cherchent à s’éterniser au pouvoir.

Si besoin il en était, il faut rappeler que les gens ont compris. L’évolution technique et technologique, est passée par là. L’information va à la vitesse de la lumière.

Les vielles méthodes d’intimidation ont montré leurs limites. Mais il y en a encore qui s’entêtent. Des gens qui pensent pouvoir faire exception.

 Pour eux, ce vent qui souffle ne saurait les emporter. Pourtant, les choses qu’on a souvent minimisées deviennent les causes de nos malheurs.

Et donc, répondre aux aspirations légitimes des citoyens, le respect des textes sont entre autres obligations des gouvernants d’aujourd’hui.

Car, quelque soit le dispositif répressif, un peuple engagé a toujours eu raison des régimes autoritaires.

Car, comme le disait l’autre,  »le grain de maïs a toujours tort devant une poule » fin de citation.

 

 

 

Ibrahim Kalil DIALLO

Journaliste

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